CTA du 24 mars 2015
Article mis en ligne le 2 avril 2015
dernière modification le 5 octobre 2016

par FSU 24
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Déclaration de la FSU

Les résultats du premier tour des élections départementales confirment, si besoin en était, le désaroi des français face à l’incompréhensible politique économique du gouvernement, cette obsession de l’austérité qui ne fonctionne pourtant pas, cette rengaine incantatoire contre les services publics. Le passage en force de la loi Macron démontre bien le gouffre qui s’est creusé entre cette politique et ceux qui la subissent.
Les dernières initiatives que sont le projet de loi concernant les crèches et les associations accueillant les publics jeunes, le refus de repas de substitution dans les cantines scolaires ou la proposition d’interdire le voile à l’université, dénaturent les principes fondateurs de la laïcité et cherchent à l’instrumentaliser pour des motifs purement politiciens. La FSU dénonce ces initiatives destinées à diviser, voire à discriminer et réaffirme son attachement à un principe de laïcité comme ciment du vivre ensemble dans notre société, principe qui s’impose au service
public et à ses agents. Les assises imposées par le ministère, si elles peuvent permettre de réaffirmer certains principes, restent une opération de communication qui, comme d’autres pseudo-débats précédents, n’apporteront rien en terme de moyens nécessaires.
L’école se retrouve au cœur des contradictions avec les vieux poncifs qui ressortent :
annualisation du temps de travail des enseignants, apologie du socle, renforcement de l’autorité des chefs, dissociation artificielle entre théorie et pratiques, pluridisciplinarité miraculeuse, ...
Sur la réforme du collège, les propos liminaires de la ministre impliquent à la fois un mépris insupportable pour les personnels en poste dans les collèges et un refus d’assumer la responsabilité du ministère sur les politiques éducatives mises en œuvre. Et, malgré ce réquisitoire uniquement à charge, les propositions tournent délibérément le dos à des propositions innovantes, soucieuses de la réussite de tous les élèves et de l’amélioration des conditions de travail des personnels. Elles relèvent de vieilles recettes qui ne résolvent rien, sont dangereuses pour les personnels et sont guidées par la volonté de réformer au mieux à coût constant. Pour l’enseignement des langues, c’est même une régression qui se profile alors
que la France est, de ce point de vue, très en retard.
Dans la même veine, nous découvrons avec étonnement le profilage de centaines de postes dans le premier degré sans aucune justification pédagogique. Comment comprendre la nécessité de CV, de lettre de motivation, de passer un entretien devant une commission ad hoc qui « classerait » les enseignants selon des compétences, alors que l’accès à nombres de postes est déjà conditionné par la détention d’une habilitation ou d’une certification et que rien ne le justifie pour les REP+ ou « les plus de maître que de classes » ? Enseigner dans les écoles de l’académie de Bordeaux requerrait-il plus de compétences qu’en Seine Saint Denis
par exemple où aucun poste d’adjoint, de direction, ni de maître supplémentaire n’est profilé ?
Ces mesures auraient des effets négatifs sur la motivation des équipes et des personnels, engagés depuis longtemps dans leurs missions. Elles seraient vécues comme une individualisation accrue des parcours professionnels et une mise en concurrence renforcée
dans des secteurs où nous n’avons jamais eu autant besoin de favoriser et de valoriser le travail en équipe. Cela passe au contraire par un traitement équitable de tous les enseignants des écoles et une formation de haut niveau.L’enseignement professionnel voit ses conditions se dégrader alors qu’il doit faire face à de
nouveaux défis : augmentation du nombre d’élèves en grandes difficultés et issus des milieux défavorisés, rénovation des diplômes, préparation des élèves pour l’intégration en BTS, augmentation de l’hétérogénéité des niveaux, accroissement de la mixité des public, CCF chronophage, ... Et le ministère voudrait que les LP soient le lieu privilégié du développement de l’apprentissage public ! Au-delà de notre désaccord fondamental avec le fait de confier aux employeurs la formation professionnelle initiale, comment faire face à ces enjeux avec des moyens diminués ? Nous récusons aussi les suppressions de postes en SEGPA, dispositif de réussite scolaire, où les spécialités professionnelles sont essentielles pour maintenir
l’appétence de nos élèves et accompagner leur future insertion.
La situation économique et sociale de plus en plus dégradée a des répercussions importantes sur les familles de nos élèves. Or, la réponse du gouvernement n’est pas d’octroyer les moyens pour y faire face mais seulement de les saupoudrer pour donner l’illusion qu’il fait quelque chose.
Ainsi, en est-il des personnels sociaux. Avec 2 créations en 2 ans en Aquitaine, face à l’explosion des demandes et la surcharge des secteurs, on ne peut vraiment pas parler d’amélioration. Et voilà que le ministère veut encore plus éclater les interventions en priorisant les REP+ et en ouvrant les secteurs au primaire. Sans moyens nouveaux, comment couvrir correctement de nouveaux secteurs ? Et ce plan exclut toujours la possibilité d’intégrer la catégorie A, comme tous les autres membres de l’équipe éducative, et la revalorisation des salaires. Alors que ces salaires sont bien inférieurs à la moyenne de ceux des professionnels du social, le ministère a fait sien un slogan porteur de mépris : travailler plus pour gagner moins
que les autres. C’est pourquoi les personnels sociaux seront en grève le 2 avril à l’appel de leur intersyndicale.
Ainsi en est-il des personnels administratifs qui, malgré les 7 créations de postes, vont voir leur situation encore se dégrader à cause du profilage de certains postes, de la politique de déqualification systématique et de l’augmentation des postes fractionnés.
Ainsi en est-il des personnels d’orientation, sur lesquels pèsent toujours l’épée de Damoclès du regroupement des CIO et de l’éclatement des missions. Ils sont aujourd’hui dans une position paradoxale de voir les demandes tant du public que de l’institution en augmentation sans aucune création de poste. Ils attendent toujours la confirmation officielle du nouveau statut intégrant psychologue scolaires et COPsy dans un même corps.
Ainsi en est-il des coordinateurs de district UNSS qui organisent les rencontres et les
déplacements tout au long de l’année scolaire. Cette mission exige un travail supplémentaire pour le ou les enseignants d’EPS – animateurs d’AS à qui elle est confiée. Nous demandons que l’autorité académique organise le paiement de tous les coordonateurs de district à la hauteur des engagements pris pour l’année scolaire 2014/2015.
Loi Macron, loi Notr, blocage des pensions, cadeaux aux entreprises sans contrepartie, dégradation des conditions de vie et de travail, c’est inacceptable : c’est pourquoi les salariés du publics comme du privé seront dans l’action le 9 avril avec la volonté de construite de vraies alternatives aux politiques économiques.

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